Trois voies fondamentales mènent à la pensée et à l’acte du philosopher. La première voie nous vient des anciens. Elle consiste à s’étonner ou à s’émerveiller devant le monde. Si « ce qui est » est gouverné par ce qui est invisible et Eternel, comment l’homme dans sa quête de vérité peut-il entrer pleinement dans l’intelligence de cet « être-là » ? La deuxième voie nous vient des modernes. Elle consiste à douter, à s’inquiéter, à se questionner sur le pourquoi des choses et des faits : « pourquoi il y a t-il quelque chose plutôt que rien ? ». En plus de ces deux premières voies, existe une troisième qui, pourrait-on dire, fonde les deux premières. Elle consiste à réagir non pas par rapport à telle chose perçue, mais à l’égard de soi-même. Il s’agit d’une voie appelant impérieusement vers un idéal ou une béatitude : la voie de l’intériorité. Tout bien considéré, s’il est vrai que, par leur concours, ces trois voies constituent le fait philosophique, alors Augustin, héritier des « Idées éternelles platoniciennes » et imbibé de la foi chrétienne, en est un des génies.

Philosophe et théologien, entre le IV et le Vème siècle (354-430), Augustin a articulé « la réflexion philosophique, structurée par la raison, et la donnée chrétienne, inspirée par la foi »[1]. Aussi, a-t-il fondé l’acte du philosopher sur l’intériorité, et fait de la philosophie un appel et une réponse à la béatitude.

Le séminaire sur les œuvres de miséricorde chez Cyprien veut aborder un thème majeur de la foi et la vie chrétienne : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Il s’agit d’un élément chrétien qui résonne avec une nouvelle teneur dans l’actualité avec le pontificat en cours du Pape François qui se veut remettre la sensibilité, la compassion et la charité au cœur de la vie de l’Eglise et des chrétiens aujourd’hui. Ne disait-il pas que l’Eglise doit être comme un hôpital de campagne après une bataille ? Le chrétien doit donc accueillir, compatir, soigner et aider le prochain qui se trouve dans le besoin. Mais, pourquoi cette invitation à se pencher sur les disgrâces de l’autre ? Quelles sont les caractéristiques d’un agir social qui serait chrétien ? Qu’est-ce qu’une œuvre de miséricorde ? Le séminaire veut répondre à ces questions et à d’autres qui leurs seraient connexes. Pour ce faire, il se concentre sur De opere et eleemosynis de saint Cyprien qui sera lu en relation avec d’autres textes patristiques pour finir avec le thème dans l’univers ignatien (jésuite) ainsi que d’autres grands courants spirituels.

La séance inaugurale, «Les évêques africains, solidaires pour la démocratie et pour la paix », a pour objet de fournir aux étudiants la clef de compréhension de l’intérêt et de la pertinence du rôle de l’Eglise au regard de l'extrême gravité des événements que traversent nombre de pays africains. D'aucuns diraient que l'Eglise Catholique, loin d'être active dans les problèmes politiques, est restée plutôt hésitante. Tout au plus on parle du silence coupable de l'Eglise Catholique. La deuxième partie sera axée sur l’analyse des textes et des déclarations des Conférences épiscopales africaines. Il sera aussi question de l’étude des interventions personnelles de quelques évêques africains afin de mieux saisir la portée missionnaire de leur engagement. Enfin, cette partie se développera autour des présentations individuelles des étudiants et surtout des discussions émanant de la lecture de différents textes exigés et recommandés pour chaque séance. A la fin de chaque séance, le professeur fera un commentaire synthétique ou récapitulatif (exposé systématique). La dernière séance portera sur la conclusion générale.

La Constitution Dogmatique sur la divine révélation, connue sous son appellation latine : Dei Verbum (DV), énonce un principe fondamental de toute activité théologique, à savoir « Sacrae Paginae studium sit veluti anima Sacrae Theologiae » (« que l’étude de la Page sacrée – la Sainte Écriture – soit comme l’âme de la Théologie sacrée »). En ce cinquantième anniversaire de la Constitution, il convient de consacrer du temps à ce document conciliaire qui régit le travail théologique dans l’Église, afin qu’il serve de cadre de référence. Aussi, chercherons-nous à situer le document dans son contexte historique au plan social, ecclésial, théologique, etc., et restituerons-nous son aventure d’écriture au Concile. Nous donnerons un écho de la réception de Dei Verbum dans l’Église d’Afrique, notamment par l’Association Panafricaine des Exégètes Catholiques (APECA) et par le Biblical Center for Africa and Madagascar (BICAM).

Depuis les premiers siècles de l’ère chrétienne jusqu’à aujourd’hui, la proclamation de l’évangile a parcouru l’histoire et a édifié des communautés de croyants dans toutes les parties du monde. Qu’elles soient petites ou grandes, elles sont le fruit du dévouement de missionnaires et de nombreux martyrs, de générations de témoins de Jésus.
Eu égard au caractère changeant des scénarios sociaux, culturels, économiques, politiques et religieux, cette proclamation de l’évangile appelle, aujourd’hui, à quelque chose de nouveau : à vivre d’une manière renouvelée notre expérience communautaire de foi et son annonce, au moyen d’une évangélisation « nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans ses expressions». C’est dans cette dynamique que s’inscrit la contribution de Léonard Santedi Kinkupu dans son œuvre « Les défis de l’évangélisation dans l’Afrique contemporaine », objet du présent séminaire.

Devant la mort qui s’impose comme fin inhérente à tout être humain, le message hermasien révélé par l’œuvre du Père Hippolyte AGNIGORI (‘’Le Pasteur d’Hermas : Une vision de l’au-delà au IIe Siècle. Conception eschatologique dans la Sim.IX’’) évoque une vie après la mort dans une démarche qui séduit son lecteur et l’interpelle en vue d’une conversion immédiate. Tout en travaillant sur des données préexistantes, Hermas monte une thématique eschatologique, avec un vocabulaire propre et une vision de l’au-delà saisissante : il christianise ses données, en mettant en lumière, la prééminence du Fils de Dieu, déjouant ainsi les difficultés liées, à cette époque (IIe siècle), aux expressions Messie, Christ ou Jésus. Il voudrait démontrer aux chrétiens, en général, et aux saints qui sont tombés (lapsi) qu’une possibilité est à nouveau donnée. Ils doivent sortir de la conception de damnation pour enfin bénéficier, de manière ultime, d’une metanoia (postbaptismale) qui favoriserait leur purification, et la grâce de vivre dans la félicité, quand reviendra (d’ici peu d’où parousie imminente) le Maître de la tour en construction en Sim.IX (en Arcadie). Ainsi se dévoile toute la pensée hermasienne : la metanoia (la pénitence) ne se réalise pas pour elle-même, elle a un but qui est essentiellement eschatologique. Elle prépare les chrétiens à la venue du Fils de Dieu, à la sunteleia (retour du Fils de Dieu) définitive, et leur promet (après l’acquisition du Nom, par le baptême et la vie vertueuse) une place dans la tour, symbole du royaume des cieux dans la Sim. IX.

Chaque structure académique est caractérisée par une vision et une mission spécifique qui détermine l’esprit de la vie en son sein. Cette première session interdisciplinaire est consacrée à une semaine d’initiation à la vie et aux études à l’ITCJ.